Fiches individuelles


FORT Anne
Naissance : 27 octobre 1738 à Berlin
Baptême : 3 novembre 1738 Temple de Werdre
Inhumation : 6 octobre 1740 à Berlin Cimetière de la Friedrichstadt
Décès : 27 novembre 1740 à Berlin

Père : FORT Jacques ( 1699 - 1753 )
Mère : JACQUET Jeanne dite Anne ( ~ 1702 - 1774 )

Note individuelle : "Le 3 dito (3 novembre 1738) Monsieur Lorent, pasteur du temple, au temple du Werdere, à batisé Anne née le 27 octobre dernier à 10 heures du soir, fille de Jacques Fort, blancher, natif de St Auban en Dauphiné et de Jeanne Jacquet sa femme, native d'Espense en Champagne, à été presente par Henry Tirien et par Anne Jacquet."
Französische Kirche zu Berlin

"Le mardy 27 septembre 1740 à 10 heures du matin est morte de la petite verole Anne Fort, agée de 22 mois, fille de Jacques Fort, blancher, et de Jeanne Jacquet sa femme, a été enterrée le 26 au cimetière de la Frieddrichstadt."
Französische Kirche zu Berlin

FORT Anne
FORT Jacques
FORT Pierre
LAURANS Marie
JACQUET Jeanne dite Anne
JACQUET Pierre
PALLIS Antoinette




FORT Anne-Dorothée
Décès : 26 avril 1733 à Magdebourg

Père : FORT Pierre ( 1651 - 1728 )
Mère : LAURANS Marie ( 1667 - 1737 )

FORT Anne-Dorothée
FORT Pierre
FORT Daniel
SANCHON Jeanne
LAURANS Marie
LAURANS Pierre
DUPONT Marguerite




FORT Antoine
Naissance : 1686 à Saint-Auban-sur-L'Ouvèze
Baptême : 30 août 1686 à Saint-Auban-sur-L'Ouvèze

Père : FORT Jean ( ? - ? )
Mère : TOURNIAYRE Marie ( ? - ? )

Note individuelle : "Du trentiesme août et sus dite année (1686) Antoine Fort fils à Jean et Marie Tornière (lire Tourniayre) a esté baptisé les parrains ont esté Antoine Brunel et Rose Clémens? du lieu de La Rochete."
Archives municipales de Saint-Auban

FORT Antoine
FORT Jean
FORT Daniel
SANCHON Jeanne
TOURNIAYRE Marie
 
 




FORT Daniel - 528
Union : SANCHON Jeanne ( ? - ? )
Enfants : FORT Pierre ( 1651 - 1728 )
FORT Jacques ( ? - ? )
FORT Suzanne ( ? - ? )
FORT Marc ( ? - ~ 1711 )
FORT Jean ( ? - ? )
Note individuelle : Les Fort dont descendent les Auschitzky, sont originaires de Saint-Auban-aux-Baronnies (aujourd'hui, Saint-Auban-sur-l'Ouvèze), un village voisin de Buis-les-Baronnies, alors province du Dauphiné.
Ils étaient notaires ou ménagers (agriculteurs).

LES NOTAIRES

Comment devenait-on notaire à cette époque ? Il fallait d'abord être de naissance légitime. Les bâtards, même reconnus, n'ont jamais eu accès au notariat. Une seconde condition était indispensable : professer la religion catholique. Cette condition a toujours éloignée les juifs des offices de notaire même aux temps et dans des lieux où leurs communautés étaient nombreuses et florissantes. Aucun texte à notre connaissance n'a modifié cet interdit au moment de la promulgation de l'édit de Nantes. Il y eut pendant plusieurs décennies une tolérance à l'égard des notaires appartenant à la Religion Prétendue Réformée. Cette tolérance cessa bien avant la révocation de l'édit. Les notaires protestants durent abjurer ou se démettre de leur charge, Ainsi pensons-nous, s'interrompit la charge des Fort, dits "démissionnaires parce que protestants".

Nous nous sommes réellement penchés sur la destinée des Fort - qui étaient profondément croyants - à partir de la révocation de l'édit de Nantes. Nous savons qu'à l'origine ils étaient Vaudois, puis, influencés par leur seigneur Pape Saint-Auban, il optèrent pour la Réforme. En conséquence, à deux reprises, ils seront martyrisés pour la défense de leurs convictions religieuses.

LES VAUDOIS

Les Vaudois sont célèbres pour la pureté de leurs moeurs et les horribles persécutions dont ils furent victimes.
Un chef hérétique important, Giacomo Bech, de Chieri, en Piémont, se rendit en Avignon, vers 1374, mais, chemin faisant, il s'arrêta pendant environ deux années en Dauphiné, près de Buis-les-Baronnies, avec les hérétiques de l'endroit, dont sans doute les Fort de Saint-Auban, qui se nommaient eux-mêmes "les Pauvres de Lyon".
Il devait s'agir d'une communauté stable et suffisamment importante pour justifier le séjour aussi long d'un prédicateur à demeure.
L'existence de cette communauté pose de nombreuses questions et tout d'abord celle de ses rapports avec les autorités religieuses catholique du Buis, où était établi un important couvent dominicain. On imagine mal que les Dominicains du lieu, sans aucun doute personnages importants, appartenant à un ordre lié par le développement de l'Inquisition, aient pu ignorer la communauté vaudoise de son district.
Il faut aussi se rappeler que durant le XIVe siècle Le Buis a connu le sommet de son destin. La fixation de la papauté en Avignon avait eu pour conséquence directe l'adoption de la vallée de l'Ouvèze comme voie de passage pour les échanges avec l'Italie. C'est le siècle où les grands personnages de la cour pontificale font halte dans la région, époque où les Juifs et les lombards s'y fixent, y créant ce qu'il faut bien appeler, toutes proportions gardées, une place financière, un lieu d'échange économique et culturel.
Cette communauté vaudoise fait figure de proue dans l'histoire du protestantisme en Baronnies.
Mais le Pape, après avoir excommunié les Vaudois, invita le Roi de France à les exterminer.
Le roi fit raser plus de trois cents châteaux où se tenaient des assemblées de Vaudois. Plus de sept mille de ces honnêtes gens furent massacrés. Ceux qui échapèrent au fer et au feu furent dispersés.
Au printemps 1532, se tint un synode extraordinaire où les Vaudois rescapés se posèrent le problème de leur adhésion à la Réforme. Une très forte majorité des fidèles présents et de leurs pasteurs décida l'entrée dans l'église réformée animée par Genève.

LA REFORME

Nous l'avons dit plus haut, Gaspard Pape avait embrassé la Réforme vers 1560. Derrière lui une partie importante de la population adopta la nouvelle religion. Après la révocation de l'édit de Nantes, les dragonades sévirent à Saint-Auban.
Les faits que nous allons rapporter sont particulièrement douloureux. Louis XIV a détruit d'un trait de plume l'oeuvre d'Henri IV, et, bien que son édit de révocation conserve aux protestants la liberté du for intérieur, ceux-ci vont bientôt s'apercevoir que cette faible garantie n'est qu'un leurre décevant.
Le grand roi ne veut tolérer désormais qu'une seule religion en France.
Pour parvenir à ce but, tous les moyens seront mis en usage : les lettres de cachet, les édits et les déclarations du chef de l'Etat, les arrêts des cours souveraines, les ordonnances des intendants, les missions bottées des commandants militaires, les catéchismes forcés des curés, les maisons de propagation de la foi et les hôpitaux des évêques. De la sorte les malheureux persécutés verront se dresser contre eux toutes les forces de l'Etat : le pouvoir royal, la justice, l'administration, l'armée et la religion, qui, conspirant à l'envie et tour à tour contre leur argent, leur liberté, leur vie, leur honneur, leur foi religieuse et jusqu'à leur qualité d'homme, ne leur laisseront d'autre alternative qu'un changement de religion que réprouve leur conscience, ou la fuite qui entraîne pour eux, s'ils sont arrêtés, les galères on la mort.

A Saint-Auban, on peut imaginer que la veille de l'arrivée des dragons, les autorités civiles et ecclésiastiques rassemblaient les protestants sur la place d'armes et leur annonçaient la volonté royale. Ceux qui se laissèrent intimider signèrent leur abjuration, se "réunirent" comme on disait alors. Les bureaux de conversion furent établis en plusieurs endroits. Quant à ceux qui résistèrent, ils passèrent par des tourments les plus terribles. Auprès de cette tentative de conversion forcée, le conflit entre Jansénistes et Jésuites pèse de bien peu de poids. Les autorités civiles, moins perspicaces que les évêques, se firent d'abord illusion sur la sincérité des conversions. L'intendant Lebret crut que l'ensemble du Dauphiné, à l'exemple de Saint-Auban, allait se trouver catholique en quelques jours. Il dut bientôt déchanter. Comme la plupart des personnages officiels, il allait dès lors balancer entre cynisme et méconnaissance totale de la réalité.

Alors des communautés presque entières durent quitter leurs foyers et prirent le chemin de Genève, de Suisse et du Brandebourg et elles passèrent au-dessus des Alpes par des lieux qui paraissaient inaccessibles. Les guides, en grande partie des Savoyards, qui les conduisirent à travers les sentiers perdus des montagnes, les receveurs des douanes qui fermèrent les yeux sur leur passage, les personnes qui favorisèrent leur départ en achetant leurs meubles, celles qui leur fournirent des passeports, lorsqu'elles furent prises ont été sévèrement châtiées.

Le manuscrit de Flournoy, conservé à la bibliothèque publique de Genève, confirme la grande émigration dauphinoise. A l'année 1687, il s'exprime ainsi : "Il arrive tous les jours un nombre surprenant de Français qui sortent du royaume pour la religion. On a remarqué qu'il n'y a presque pas de semaine où il n'en arrive jusqu'à 300, et cela a duré dès la fin de l'hiver. Il y a des jours où il en arrive jusqu'à 120 en plusieurs troupes. La plupart sont des gens de métier. Il y aussi des gens de qualité (...) la plupart du Dauphiné (...). Le 16, 17 et 18 août, il en est entré 800 de compte fait (...). L'on dit que dans les cinq semaines finissant le 1er septembre, il en est arrivé plus de 8.000 ; de sorte que, quoiqu'il en parte tous les jours par le lac, il y en a toujours ordinairement près de 3.000 dans Genève".






FORT Daniel - 66
Russe - Pasteur Luthérien

Naissance : 22 juillet 1734 à Berlin Brandenbourg
Décès : 27 mars 1804 à Königsberg

Père : FORT Jacques ( 1699 - 1753 )
Mère : JACQUET Jeanne dite Anne ( ~ 1702 - 1774 )

Union : GUITARD Jeanne Amélie ( ? - ? )
Mariage : 5 juin 1759 à Berlin Eglise réformée de Berlin
Enfants : FORT Jeanne Amélie ( 1760 - ? )
FORT Marianne Albertine ( 1761 - 1803 )
FORT Suzanne-Marianne ( 1763 - ? )
FORT Suzanne-Catherine Elisabeth ( 1764 - ? )
FORT Jean-Claude Daniel ( 1765 - ? )
FORT Jean-Pierre Jérémie ( 1766 - ? )
FORT Jean-Charles Henri ( 1768 - ? )
FORT Sophie-Charlotte Pauline ( 1770 - ? )
FORT Jean-Chrétien Frédéric ( 1775 - ? )
Note individuelle : Les Fort étaient de condition modeste. Ils n'avaient rien à lui offrir, pas d'avenir. Un huguenot illettré n'a pas de futur, sinon celui qui perpétue dans l'anonymat le passé. Il sera vraisemblable à la longue lignée muette et souffreteuse de ses ancêtres. Mais Daniel se veut, se sent d'une autre engeance. Il est fait pour réussir. Il sera pasteur.
Nous ne savons pas comment et où Daniel Fort est parvenu à faire des études, et pourquoi il s'est rattaché à l'Eglise luthérienne alors que toute sa famille était Calviniste.
*
Fin 1754, il est nommé ministre catéchiste à Berlin. A ce titre, il devra transmettre l'instruction religieuse aux élèves du Collège françois (aujourd'hui on dirait : du Collège français) et à l'orphelinat ; célébrer l'office pour les catéchistes. Il remplira cette fonction de 1751 à 1760.
Courant 1760, durant la guerre de Sept Ans - en pleine occupation russe - Daniel Fort est arrivé à Königsberg pour assumer la tâche de pasteur de l'église réformée française à la place de Jacques Duplan qui, le 27 novembre 1759, avait été assassiné par les Russes.
Le gouverneur russe, Nikolaus v. Korff l'a autorisé à s'y fixer bien qu'il provînt de Berlin, la capitale de l'ennemi.
Il devint ainsi sujet et fonctionnaire russe, mais il dût au préalable jurer fidélité à l'impératrice Elisabeth.
C'est en 1766 que commence dans la colonie française la polémique au sujet de l'emploi de la langue maternelle française, alors que presque tous ses membres sont nés en Allemagne et ont grandi en milieu allemand. Daniel Fort, qui lui-même n'écrit plus le français sans fautes, fait partie des farouches défenseurs de notre langue et s'indigne de l'attitude du maître de chapelle qui, au lieux de "mieux" et "Dieu", chante "mio" et "Dio". En 1787, il fondera une école pour garçons et filles afin d'entretenir spécialement l'enseignement de la langue française.
Le 27 mars 1804, Daniel Fort, âgé de 74 ans, décède. "Geschichte der Franzöhlchen Kolonie in Brandebourg-Preussen" précise qu'il est mort en chaire, pendant l'office qu'il célébrait. C'est inexact, en réalité, il a eu le 25 mars 1804, en chaire, une attaque d'apoplexie, et il s'est éteint le 27 à 19 heures.

*
Il appartenait déjà à la troisième génération des Fort nés en Allemagne, pour lesquels la France n'était plus la patrie ennemie qui les avait contraints à l'exil, mais le pays auquel ils s'intéressaient avec une grande ouverture d'esprit. Il souffrit sans cesse de ce dilemme, désormais il était russe aux yeux de la loi, mais il se sentait français et dans ces deux pays il passait pour un étranger.


"Daniel, né le 22 ème dito (juillet 1734) à 2 heures apres midi ; Fils de Jacques Fort, meneur de pain, natif de Saint Auban en Dauphiné, et de Jeane Jacquet sa femme, native d'Epance en Champagne, a été présenté par Daniel Meaure et par Magdeleine Rudes née Alby."
Französische Kirche zu Berlin

Il se marie en l'église réformée française de Berlin :
"Le 5 juin 1759, M. le Past. d'Asnières a béni en chambre le mariage de M. Daniel Fort, Ministre du St Evangile, natif de Berlin, fils de feu Jacques Fort, et de Jeanne Jacquet. Avec Jeanne Amelie Guitard native de Stettin, fille d'André Guitard et d'Anne Godard."
Sächsisches Staatsarchiv Leipzig


FORT Daniel
FORT Jacques
FORT Pierre
LAURANS Marie
JACQUET Jeanne dite Anne
JACQUET Pierre
PALLIS Antoinette


                     


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