Alliances Mirieu de Labarre

 

 

 

LES MARRAUD DES GROTTRES SONT DES BÉKÉS

 

Le mot béké désigne un Antillais martiniquais descendant des premiers colons.

Selon certains, le mot serait d'origine igbo, selon d'autres, il viendrait de « blanc du quai » pour désigner les colons blancs aux XVIIe et XVIIIe siècles qui vérifiaient leurs marchandises sur les quais ou encore d'une question courante des premiers colons « Hé bé qué ? » (Hé bien quoi ?), laquelle question était vraisemblablement à cette époque une expression qui ponctuait le fil des discussions.

Les békés en Martinique.

Les « béké » forment une classe spécifique à la Martinique qui a refusé tout métissage avec les autres composantes ethniques de la société.

Descendants des premiers colons, ils possèdent donc une grande partie des terres. Dans une société insulaire, la possession de la terre est cruciale, elle assure à cette caste un pouvoir hégémonique incontestable. Composante très minoritaire de la population (moins de 2%), les békés ont pourtant une influence importante, notamment sur classe politique martiniquaise ou de France continentale.

Le pouvoir des békés

Les békés ont possédé toutes les terres et ont oeuvré à la colonisation de la Martinique au nom du Roi de France. La révolution industrielle a contribué à l'abolition de l'esclavage et les békés ont négocié avec le pouvoir, sur la base d'idées nobles d'émancipation de la personne humaine, une indemnisation. Les sommes ainsi obtenues ont été investies dans l'économie industrielle. Elles ont servi à asseoir le pouvoir des békés sur les Antilles.

Le poids des békés dans l'économie de la Martinique s'est considérablement réduit ces dernières années : aujourd'hui, les entreprises détenues par les békés représentent 65% du PIB local et 33% de l'emploi. Ces chiffres restent importants en regard de leurs poids démographique, mais sont bien loin des 90% annoncés abusivement par certains.

Détenant une grande partie des terres et du pouvoir économique, ils ne peuvent cependant investir le terrain politique mais y exercent toute leur influence.

L'influence des békés

Cette influence s'exerce sur la classe politique martiniquaise, en partie financés par les békés.

Leurs investissements dans le tourisme, permis par la possession des terres sont protégés par les politiciens qui y voient la seule planche de salut économique de la Martinique. Ainsi en est-il du Comité Martiniquais du Tourisme qui s'évertue à trouver la bonne formule pour attirer des touristes et attribue aux efforts qu'il déploie le moindre changement de conjoncture favorable. La possession des terres est en elle-même protégée par la plantation en canne à sucre (non rentable) et en banane (non concurrentielle). Nombreux sont ensuite les politiciens qui sont invités à s'inquiéter du risque de perte d'emplois qu'induirait l'abandon de ces plantations.